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Vernissage de l’exposition « TES VUES / MA VIE » : l’artiste plasticien Boubacar Diallo, dit Bouba rend hommage à Kalidou Kassé

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Dakar 18 jan – « Tes vues, ma vie » : une lecture plastique et critique de l’ère des réseaux sociaux

 

Une exposition pose un regard critique et artistique sur l’influence des réseaux sociaux

À la Galerie nationale, l’exposition Tes vues, ma vie de l’artiste plasticien Boubacar Diallo, dit Bouba, propose une immersion artistique profonde dans les réalités contemporaines façonnées par les réseaux sociaux. À travers une écriture plastique fondée sur la ligne, le geste et la composition, l’artiste interroge les usages numériques, leurs apports, mais aussi leurs dérives, dans une société en constante mutation.

Ouverte depuis le début du mois de janvier, l’exposition se tient jusqu’au 2 février, offrant au public une réflexion sensible et critique sur l’impact du numérique dans les relations humaines, familiales et sociales. Cet événement artistique est également marqué par un hommage appuyé à l’artiste plasticien Kalidou Kassé, figure majeure de l’art sénégalais contemporain, dont l’œuvre a contribué au rayonnement des arts plastiques du Sénégal à l’échelle internationale.

La ligne comme langage plastique et pensée visuelle

Lors du vernissage, le Directeur général de la Culture, Abdou Simbandi Diatta, a salué la singularité du travail de Bouba, qu’il a comparé à celui d’« un cuisinier de ligne ». Une métaphore évocatrice pour qualifier une démarche artistique où la ligne devient outil fondamental de construction de la pensée visuelle.

« Le travail de Boubacar Diallo repose essentiellement sur la ligne, cet outil fondamental qui permet à l’artiste de dessiner la pensée et de capturer l’essence de ses sujets. Dans ses œuvres, la ligne vit : elle a un départ, un tracé et surtout un objectif », a-t-il souligné.

Chez Bouba, la ligne n’est pas décorative ; elle structure l’espace pictural, traduit la tension entre présence réelle et existence virtuelle, et donne corps aux contradictions du monde numérique.

Entre tradition, modernité et société en devenir

Parrain de l’exposition, Kalidou Kassé a mis en lumière la portée philosophique et sociologique du travail de l’artiste. Selon lui, Bouba ne s’inscrit ni dans une tradition figée, ni dans une modernité naïvement idéalisée.

« Il ne reconduit ni l’image d’une tradition immobile, ni la fable d’une modernité purement libératrice. Il donne à voir une société en devenir, marquée par le déplacement des normes, la mobilité des repères et une instabilité féconde », a expliqué le maître plasticien.

Dans cette perspective, les réseaux sociaux apparaissent comme des espaces ambivalents : lieux de visibilité et de reconnaissance, mais aussi de fragilisation du dialogue et de la relation humaine, où la mesure tend parfois à remplacer l’échange.

Une thématique éducative et sociétale

Le commissaire de l’exposition, Daouda Dia, a insisté sur la dimension éducative et citoyenne de Tes vues, ma vie, soulignant une thématique qui concerne directement les familles et les jeunes générations à l’ère du numérique.

« En tant qu’éducateur et artiste avant-gardiste, Bouba observe les transformations induites par le numérique au sein des familles pour en faire une matière artistique », a-t-il précisé.

Cette posture d’artiste-enseignant confère à l’exposition une portée pédagogique, invitant à une prise de conscience collective sur les usages des écrans et des réseaux sociaux.

Un hommage collectif ancré dans le numérique

L’exposition comprend également un portrait-hommage dédié à Kalidou Kassé, réalisé par quinze artistes à partir d’un emprunt digital, en parfaite cohérence avec la thématique centrale.

« Il était essentiel de rester dans la logique de Tes vues, ma vie, qui interroge notre rapport au numérique », a expliqué Bouba.

Cette œuvre collective symbolise à la fois la transmission intergénérationnelle et les nouvelles formes de création artistique à l’ère digitale.

Un parcours artistique entre création et transmission

Formé à l’École nationale des arts, Boubacar Diallo a participé à de nombreuses rencontres et résidences artistiques à l’international, notamment en Suisse, en France et en Chine. Il vit et travaille dans la région de Thiès, où il enseigne les arts plastiques depuis 2005, conciliant création artistique, recherche plastique et transmission pédagogique.

Images de l’exposition

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