
L’artiste peintre Boubacar Diallo, à travers l’exposition «Tes vues, ma vie», s’inspire de la façon dont les gens utilisent les réseaux sociaux. Il cherche surtout à mettre en avant l’importance de la vie humaine. Le vernissage de l’exposition s’est tenu, ce samedi, à la Galerie nationale d’art.
Par Amadou MBODJI – L’ artiste peintre Boubacar Diallo dont l’exposition porte sur le thème «Tes vues, ma vie», entend partager son inspiration et son processus créatif. Choqué par la façon dont les gens accordent plus d’importance aux vues sur les réseaux sociaux qu’à la vie réelle des personnes, il a donc décidé de créer des œuvres qui parlent aux jeunes et qui mettent en avant l’importance de la vie humaine. «On est dans un monde médiatique, et les informations passent à la vitesse de la lumière. Tout est médiatisé. On ne peut pas vivre sans le digital actuellement. On a constaté tout simplement qu’il y a des gens qui accordent beaucoup plus d’attention au nombre de vues qu’à la vie des gens. C’est ce qui m’a inspiré, je me suis dit pourquoi ne pas essayer d’alerter, de montrer des œuvres qui parlent aux jeunes surtout, montrer que la vie d’une personne devrait être plus importante que des vues recherchées dans les réseaux sociaux», fait savoir Boubacar Diallo, professeur d’éducation artistique et artiste plasticien, lors du vernissage de son exposition, samedi à la Galerie nationale des arts. Selon ses constatations, le paraître prospère davantage avec les réseaux sociaux comme moyen de diffusion. «En plus, nous vivons dans une société où tout ce que les gens font de bien, ils préfèrent le faire en public. Soit tu le fais en public ou bien tu fais en sorte qu’on te filme et qu’on le montre. Et pourtant, comme on l’a dit dans le Coran, toute action doit être accompagnée d’une bonne intention. Mais moi, en tant qu’artiste plasticien, je n’y peux rien, ce que je peux, c’est utiliser mon matériel, mon inspiration et donner mon avis», poursuit il.
Hommage à Kalidou Kassé
Près d’une trentaine d’artistes ont aussi realisé un portait de leur doyen Kalidou Kassé. Un hommage pour le travail accompli dans le domaine des arts par le «Pinceau du Sahel». «Le portrait de Kalidou Kassé, je l’ai réalisé avec de l’encre de Chine, en compagnie de mes collègues artistes plasticiens», souligne Boubacar Diallo. «Kalidou Kassé est un artiste plasticien de renommée mondiale qui aurait pu aller aux Etats-Unis, en France, en Chine, où il veut. Il a fait le tour du monde, mais il a préféré rester au Sénégal, servir le Sénégal et servir les jeunes du Sénégal. Il organise des panels, des tribunes, il aide les jeunes à s’exprimer, et cerise sur le gâteau, c’est un vrai peintre. Ses œuvres sont exposées à travers le monde entier. Au moment où il est là, nous lui souhaitons une longue vie et une santé de fer. On doit le célébrer pour montrer la voie aux jeunes. Les plus âgés qui ont prouvé, qui participent au développement du pays, on doit les célébrer. Et de leur vivant, c’est ça le plus important. Ne pas attendre que la personne disparaisse pour lui créer des monuments», souligne-t-il.
Quant aux peintures accrochées aux cimaises de la Galerie nationale, elles ont été faites avec divers matériaux. «J’utilise surtout les matériaux qui m’entourent. Des materiaux de l’audiovisuel, de la radio, de la télévision, des portables, les chargeurs, les puces, les câbles. Tout ce qui m’entoure me sert à m’exprimer», souligne l’artiste. «Pour cette exposition, l’artiste a travaillé sur un thème très intéressant. C’est véritablement une situation qui interpelle toutes les familles à l’ère du numérique. Aujourd’hui, dans les maisons, en tant qu’artiste, en tant qu’éducateur, en tant qu’enseignant, mais également en tant que observateur, parce que les artistes sont aussi des avant-gardistes, il a remarqué véritablement que cette situation perdure dans les familles où les parents laissent les enfants trop accros à l’écran, qui est devenu le véritable accompagnateur. Dans cette exposition «Tes vues, ma vie», l’artiste, à travers ses œuvres, a voulu parler de cette situation qui perdure dans les familles», affirme Daouda Dia, commissaire de l’exposition.
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