
Intervention de monsieur Alioune BADIANE
Président de l’Académie Internationale des Arts/AIA
Monsieur le Ministre de l’Education nationale,
Monsieur le Directeur général des Manufactures Sénégalaises des Arts Décoratifs,
Monsieur le Directeur général de l’Ecole Nationale des Arts et des Métiers de la Culture,
Monsieur le Directeur du Centre Régional de Formation du Personnel de l’Education de Dakar,
Monsieur le Représentant / Madame la Représentante des partenaires,
Monsieur Moustapha NDIAYE El Bachir, ancien Directeur du Conservatoire National de Musique, de Danse et d’Art dramatique Douta SECK, très cher co–parrain d’honneur,
Madame la présidente de la Coordination nationale des Professeurs d’Education artistique et musicale,
Honorables invités,
Mesdames, mesdemoiselles et messieurs,
Chers élèves lauréats,
C’est toujours avec un réel plaisir, que je me retrouve en milieu d’éducation artistique. Que ce soit sur le territoire national ou à l’étranger. Aujourd’hui, le plaisir en question est d’honneur, parce que de reconnaissance, de la part de nos anciens élèves devenus eux – mêmes des formateurs, leurs spécialités en bandoulière. C’est pourquoi, ma famille et moi sommes très sensibles et fiers, devant ce que nous considérons comme un couronnement.
Madame la présidente de la CNPEAM,
Vous voudrez bien transmettre notre gratitude à l’ensemble des membres de votre Coordination. Veuillez leur transmettre également les exhortations d’un vieux militant de l’art et de l’éducation, dont le riche parcours est jalonné de réflexions et d’initiatives. Ce que vous devez, à votre tour, à notre pays et à notre continent. Comme vous le savez, vos collègues des autres pays africains restent attentifs à vos activités, par le biais de votre partenariat dynamique avec la plateforme TELE-ECOLE, à travers l’émission EDUC’ART. Je tiens à vous rassurer. Vous êtes sur la bonne voie et en voici quelques illustrations :
En 2004, à Port Elisabeth en Afrique du Sud, à l’occasion de la Conférence de l’U.N.E.S.C.O. sur l’éducation artistique en Afrique, la définition que j’ai eu l’occasion de formuler de l’éducation artistique, fut adoptée en mon absence et mise en exergue dans les actes publiés. La définition est la suivante : « L’éducation artistique est l’éducation à l’art et l’éducation par l’art. » En effet, l’éducation à l’art est la sensibilisation de l’enfant, jusqu’à la pratique, à l’art de tout support, qui se déploie dans son milieu. Qu’il soit de naissance ou d’adoption. Tandis que l’éducation par l’art éclaire le rôle essentiel de l’art dans tous les aspects de la transmission des valeurs de civilisation, dont les organes des sens rendent compte, depuis la naissance du petit de l’homme, jusqu’à son dernier souffle, quel que soit son âge. Si bien que l’éducation artistique, comme une pédagogie de transmission des valeurs, se trouve implanté au beau milieu du vaste champ des arts.
Les arts scéniques ou arts du spectacle, comprennent d’une part, l’art dramatique incluant le théâtre, le conte, la déclamation, le slam, la pantomime, le cirque, voire le spectacle de marionnette. Ensuite, vient la musique, dont la voix est le premier instrument. Enfin, arrivent la danse et la chorégraphie. Quant aux arts visuels, ils ouvrent un champ de plus en plus étendu pour d’autres catégories de métiers artistiques. Ici comme ailleurs, ce champ est investi par des artistes aptes à s’exprimer avec les techniques du dessin, de la peinture, de la sculpture, de la photographie, de la gravure, de la céramique, de la tapisserie, du design, de la mode, du batik, de la mosaïque et du graffiti. C’est le cas aussi de toutes celles et de tous ceux qui peuvent opter pour tout moyen physique ou numérique permettant l’expression visuelle imprimée (Bande dessinée), projetée ou télédiffusée (Dessin animé) en couleur, en graphisme ou en trois dimensions (3D). L’Installation et la Performance ne sont pas en reste. Certains de ces artistes, peuvent intervenir dans l’aménagement du cadre bâti et de l’environnement paysager. Tandis que d’autres prennent en charge le créneau de l’illustration de livre, de la publicité ou de l’édition de presse, jusqu’à la caricature.
D’autres encore interviennent dans la conception des modèles destinés à l’artisanat créateur, au mobilier, à la décoration des locaux publics et privés ou bien au vêtement avec ses accessoires de parure, de coiffure et de chaussure. Il en est de même pour la réalisation des maquettes et des prototypes pour l’architecture ou l’industrie. Ce regard étendu sur le champ des arts visuels pouvait l’être tout autant sur les autres arts. En effet, bien des champs s’ouvrent à nombre d’acteurs et de partenaires qui apportent aux artistes leur part de professionnalisme. C’est le cas de l’Architecture, du Cinéma, des spectacles de Musique, de Danse ou d’Art dramatique. Je sais que la Coordination nationale des Professeurs d’Education artistique et musicale, a déjà compris ladite définition de l’éducation artistique. Cependant, il faut continuer d’approfondir la réflexion, d’affiner les méthodes et les stratégies, afin d’améliorer les pratiques. Les initiatives attendues par les décideurs, n’en seront que plus propices aux mesures d’accompagnement souhaités par la corporation des éducateurs.
En effet, pourquoi ne pas renforcer le caractère générique du concept d’éducation artistique et aller au–delà des disciplines devenues traditionnelles du dessin et du chant ? Il s’agirait de poser un éclairage nouveau sur les spécificités éducatives des milieux socio–culturels et d’en tirer des contenus plus adaptés au recours à nos valeurs de civilisation. Nous aurions alors les appellations « Education artistique musicale », « Education artistique plastique » « Education artistique théâtrale », « Education artistique gastronomique », « Education artistique thérapeutique », « Education artistique environnementale », « Education artistique numérique », « Education artistique sportive », « Education artistique muséale », etc.
Monsieur le Ministre,
Honorables invités,
Mesdames, mesdemoiselles et messieurs,
Voyez–vous, la société sénégalaise, avec l’appui de l’Etat, nous offre déjà un vaste champ d’expression artistique dans lequel enraciner nos lauréats d’aujourd’hui, avec leurs camarades, candidats probables des éditions futures du concours national. Qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs. N’oublions pas que les premiers professeurs d’éducation artistique plastique du Gabon ont été formés au Sénégal, du temps de l’Ecole Normale Supérieure de l’Education artistique.
Je vais conclure sur ce que je considère comme le temps des convergences et des symbioses, précisément celui du pari gagné du Président Léopold Sédar Senghor. En effet, dans son allocution d’ouverture du Premier Festival mondial des Arts nègres, le 2 avril 1966, il déclarait à propos des artistes et des écrivains : « Ce sont nos poètes, nos conteurs et romanciers, nos chanteurs et danseurs, nos peintres et sculpteurs, nos musiciens. Qu’ils peignent de violentes abstractions mystiques ou la noble élégance des cours d’amour, qu’ils sculptent le Lion national ou des monstres inouïs, qu’ils dansent le Plan de développement ou chantent la diversification des cultures, les artistes négro – africains, les artistes sénégalais d’aujourd’hui nous aident à vivre aujourd’hui, plus et mieux. »
Au sortir du Festival, la recherche constante des meilleures méthodes de formation des artistes, toutes disciplines confondues, a donné une succession de réformes à travers les structures que sont :
- L’Institut National des Arts,
- Le Conservatoire National de Musique de Danse et d’Art dramatique ;
- L’Ecole Nationale des Beaux – Arts ;
- L’Ecole Normale Supérieure d’Education Artistique
- L’Ecole d’Architecture et d’Urbanisme ;
- L’Ecole Nationale des Arts ;
- L’Ecole Nationale des Arts et des Métiers de la Culture.
Cette présente formule est le nouveau pari sur l’avenir, parce que ses futurs pensionnaires devront sortir de ses espaces pédagogiques, autant que de nos ateliers et manifestations artistiques. L’attractivité de la dernière édition de la Biennale de Dakar a prouvé que les méthodes actuelles de l’enseignement artistique ont su intéresser le public scolaire à l’art qui se fait ici et ailleurs, pour la transmission des valeurs de civilisation. C’est ce qui nous fait parler du pari gagné du Président Léopold Sédar SENGHOR. L’Enracinement et l’Ouverture pour le grand Banquet du Donner et du Recevoir. Ne ratons pas Le Rendez – vous !
Je vous remercie de votre aimable attention.
CONCOURS NATIONAL D’ARTS PLASTIQUES ET DE MUSIQUE 2025






